Epiphanie - Rois Mages et Livre de l'Abeille de Salomon de Bassorah

 


Née dans l'Antiquité gréco-latine pour célébrer le retour de la lumière après le solstice d'hiver, l'Épiphanie s'est transformée au fil des siècles en une fête chrétienne marquant la « manifestation » de Jésus au monde. Nous trouvons là comment La Lumière du Monde , le Soleil spirituel connu des traditions païennes; l'Être solaire adoubé dans de nombreuses traditions parce que vu spirituellement par ses initiés, prépara sa lente incarnation au tournant des Âges.

Enfin, du Jésus de la lignée de Salomon donnée par L'Evangile selon Mathieu (chap II-1 à 12 ) :


01 - Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
02 - et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
03 - En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
04 - Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
05 - Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
06 - Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
07 - Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
08 - puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. 
09 - Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
10 - Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
11 - Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 - Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.


Dans une conférence du 5 janvier 1910, Rudolf Steiner aborde le sujet des trois mages venus d'Orient :

  "...Parmi les trois rois mages d'Orient, on trouve trois disciples de Zaratas-Nazaratos. Ces disciples chaldéens savaient que l'étoile qu'ils suivaient contenait l'âme de Zarathoustra. Ils suivirent l'étoile jusqu'à Bethléem, et lorsqu'elle s'arrêta au-dessus de la crèche, ils comprirent que Zarathoustra était descendu s'y incarner. Ses parents le perdirent de vue, et lorsqu'ils le retrouvèrent au Temple trois jours plus tard, ils ne reconnurent pas sa voix : Zarathoustra avait inspiré l'enfant Jésus de Nathanaël."

Selon Rudolf Steiner, mais pas que, car nous verrons qu'une Tradition apocryphe y fait aussi mention, Il y eut deux enfants Jésus issus de deux lignées ( Royale et Sacerdotale ) que décrivent les Evangiles de Luc et de Mathieu.

"La Madone de Terranuova" de Raphaël peinte vers 1504-1505,



Le premier auteur à parler des trois Mages est un contemporain de Tertullien : il s’agit d’Origène qui écrit au début du troisième siècle, en Palestine. Ainsi donc, s'expliquerait l'apparition, pour le moins incongru au sein de l'histoire hébraïque, de trois Mages venus de Perse et étrangers à la loi de Moïse et à son peuple ! Il m'a été donné il y a quelques années d'accrocher à mes connaissances un apocryphe disponible à la BNF et qui s'intitule : Le Livre de L'Abeille de Salomon de Bassora.



Ce Livre de l'abeille (Kthāvā d-dévurithā) est une compilation syriaque (avec une version arabe ancienne), organisée en soixante chapitres, de textes historico-légendaires retraçant le devenir du monde de la Création jusqu'au Jugement dernier, avec également des chapitres théologiques sans caractère narratif. Il est dû à un évêque de l'Église nestorienne du début du XIIIe siècle, Salomon (ou Shlimon) de Khalat, qui était métropolite de Bassorah (ou Perat d-Maïssan en syriaque) en 1222 au moment de l'intronisation du catholicos Sabrisho IV. Selon le Catalogue d'Ébedjésus de Nisibe, cet évêque était aussi l'auteur d'un traité sur la forme du ciel et de la terre. Le titre repose sur l'image de l'abeille allant de fleur en fleur pour collecter le nectar. De même le compilateur a assemblé en un livre des passages empruntés à de nombreux ouvrages. Ses sources sont notamment la Bible et des apocryphes bibliques, mais la principale, pour toute la période antérieure à Jésus-Christ (avec les quinze premiers chapitres consacrés à la Création), est le livre plus ancien intitulé la Caverne des trésors. Le Livre de l'abeille continue par des récits concernant les missions des apôtres, leurs martyrs et la découverte de leurs reliques ; les listes des catholicos nestoriens, des rois perses, des rois de la dynastie des Ptolémées, des empereurs romains ; des récits prophétiques attribués à Méthode d'Olympe sur la conquête musulmane, puis sur Gog et Magog et la porte d'airain derrière laquelle Alexandre le Grand les avait confinés (récits tirés à la fois du Roman d'Alexandre du pseudo-Callisthène et de l'Apocalypse du pseudo-Méthode) ; un autre récit sur la venue de l'Antéchrist. Les cinq derniers chapitres sont consacrés au Jour du jugement et à la destinée des âmes après la mort.
Bien qu'il soit déclaré hérétique par la secte romaine, Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant deux Hypostase : l'une divine, l'autre humaine, coexistant en Jésus-Christ et qui accrédite toute la christologie anthroposophique ! Cette thèse tire son nom d'un de ses défenseurs, Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople (428-431). Son enseignement fut condamné par le concile d'Éphèse (430-431).


Condamnation de Nestorius au concile d'Éphèse

Nous passerons rapidement sur les chapitres de l'ouvrage pour n'en retenir qu'un seul et qui est le plus important pour le sujet : 

 CHAPITRE XXXVII :

La prophétie de Zârâdôsht concernant notre Seigneur :

" Ce Zârâdôsht (ou Zardasht=Zarathoustra) est aussi Baruch le Scribe. Alors qu'il était assis près de la fontaine appelée Glôshâ de Hôrîn, où le bain royal avait été érigé, il dit à ses disciples, le roi Gûshnâsâph, Sâsân et Mahîmad : « Écoutez, mes enfants bien-aimés, car je vais vous révéler un mystère concernant le grand Roi qui est sur le point de s'élever sur le monde. À la fin des temps, et lors de la dissolution finale, un enfant sera conçu dans le sein d'une vierge, et se formera dans ses membres, sans qu'aucun homme ne l'ait approchée. Et il sera comme un arbre au feuillage magnifique et chargé de fruits, se dressant dans une terre aride ; et les habitants de cette terre se rassembleront pour l'arracher de la terre, mais ils n'y parviendront pas. Alors ils le prendront et le crucifieront sur un arbre, et le ciel et la terre seront en deuil pour lui ; et toutes les familles des nations seront dans le deuil pour lui. Il commencera à descendre dans les profondeurs de la terre, et des profondeurs il sera élevé vers les hauteurs ; puis il viendra avec les armées de la lumière, et sera porté vers le haut sur des nuages blancs ; car il est un enfant conçu par le Verbe qui établit les natures. Gûshnâsâph lui dit : « D'où vient le pouvoir de celui dont tu parles ainsi ? Est-il plus grand que toi, ou es-tu plus grand que lui ? » Zârâdôsht lui répond : « Il descendra de ma famille ; je suis lui, et il est moi ; il est en moi, et je suis en lui. Lorsque le commencement de sa venue apparaîtra, de puissants signes seront visibles dans le ciel, et sa lumière surpassera celle du soleil. Mais vous, fils de la semence de vie, qui êtes issus des trésors de la vie, de la lumière et de l'esprit, et qui avez été semés dans la terre du feu et de l'eau, il vous convient de veiller et de prêter attention à ces choses que je vous ai dites, afin d'attendre sa venue ; car vous serez les premiers à percevoir la venue de ce grand roi, que les prisonniers attendent pour être libérés. Maintenant, mes fils, gardez ce secret que je vous ai révélé, et qu'il soit conservé dans les trésors de vos âmes. Et lorsque l'étoile dont je vous ai parlé se lèvera, envoyez des ambassadeurs portant des offrandes, et qu'ils lui rendent hommage. Veillez, prenez garde et ne le méprisez pas, afin qu'il ne vous détruise pas par l'épée ; car il est le roi des rois, et tous les rois reçoivent leur couronne de lui. Lui et moi ne faisons qu'un. » Telles sont les paroles prononcées par ce second Balaam, et Dieu, selon son habitude, l'obligea à les interpréter ; ou bien il était issu d'un peuple qui connaissait les prophéties1 concernant notre Seigneur Jésus-Christ et les avait annoncées autrefois."


Traduction  tirée de l'ouvrage : le Symbolisme ésotérique ( Ed. De Vecchi )










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