Epiphanie - Rois Mages et Livre de l'Abeille de Salomon de Bassorah
01 - Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
02 - et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
03 - En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
04 - Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
05 - Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
06 - Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
07 - Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
08 - puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui.
09 - Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
10 - Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
11 - Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12 - Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.
Dans une conférence du 5 janvier 1910, Rudolf Steiner aborde le sujet des trois mages venus d'Orient :
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| "La Madone de Terranuova" de Raphaël peinte vers 1504-1505, |
Le premier auteur à parler des trois Mages est un contemporain de Tertullien : il s’agit d’Origène qui écrit au début du troisième siècle, en Palestine. Ainsi donc, s'expliquerait l'apparition, pour le moins incongru au sein de l'histoire hébraïque, de trois Mages venus de Perse et étrangers à la loi de Moïse et à son peuple ! Il m'a été donné il y a quelques années d'accrocher à mes connaissances un apocryphe disponible à la BNF et qui s'intitule : Le Livre de L'Abeille de Salomon de Bassora.
Ce Livre de l'abeille (Kthāvā d-dévurithā) est une compilation syriaque (avec une version arabe ancienne), organisée en soixante chapitres, de textes historico-légendaires retraçant le devenir du monde de la Création jusqu'au Jugement dernier, avec également des chapitres théologiques sans caractère narratif. Il est dû à un évêque de l'Église nestorienne du début du XIIIe siècle, Salomon (ou Shlimon) de Khalat, qui était métropolite de Bassorah (ou Perat d-Maïssan en syriaque) en 1222 au moment de l'intronisation du catholicos Sabrisho IV. Selon le Catalogue d'Ébedjésus de Nisibe, cet évêque était aussi l'auteur d'un traité sur la forme du ciel et de la terre. Le titre repose sur l'image de l'abeille allant de fleur en fleur pour collecter le nectar. De même le compilateur a assemblé en un livre des passages empruntés à de nombreux ouvrages. Ses sources sont notamment la Bible et des apocryphes bibliques, mais la principale, pour toute la période antérieure à Jésus-Christ (avec les quinze premiers chapitres consacrés à la Création), est le livre plus ancien intitulé la Caverne des trésors. Le Livre de l'abeille continue par des récits concernant les missions des apôtres, leurs martyrs et la découverte de leurs reliques ; les listes des catholicos nestoriens, des rois perses, des rois de la dynastie des Ptolémées, des empereurs romains ; des récits prophétiques attribués à Méthode d'Olympe sur la conquête musulmane, puis sur Gog et Magog et la porte d'airain derrière laquelle Alexandre le Grand les avait confinés (récits tirés à la fois du Roman d'Alexandre du pseudo-Callisthène et de l'Apocalypse du pseudo-Méthode) ; un autre récit sur la venue de l'Antéchrist. Les cinq derniers chapitres sont consacrés au Jour du jugement et à la destinée des âmes après la mort.
Bien qu'il soit déclaré hérétique par la secte romaine, Le nestorianisme est une doctrine christologique affirmant deux Hypostase : l'une divine, l'autre humaine, coexistant en Jésus-Christ et qui accrédite toute la christologie anthroposophique ! Cette thèse tire son nom d'un de ses défenseurs, Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople (428-431). Son enseignement fut condamné par le concile d'Éphèse (430-431).
| Condamnation de Nestorius au concile d'Éphèse |







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